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jeudi02 avril 2020

Chlordécone et aquaculture

chlrodecone antilles

Mise en œuvre d’essais expérimentaux visant à mieux connaître les mécanismes de contamination au chlordécone et à proposer des solutions alternatives aux aquaculteurs concernés.

Le chlordécone est un organochloré qui a été utilisé sur les bananeraies de Guadeloupe pour lutter contre un nématode ravageur des racines de bananiers. 20 ans après son interdiction cette molécule est encore très présente sur le Sud de la Basse Terre.

Certains sites aquacoles, captant leur eau sur une rivière contaminée se sont retrouvés dans l’incapacité de poursuivre leur activité compte tenu de la présence de chlordécone dans leurs produits d’élevage les rendant impropres à la consommation.
Cette situation hypothèque sérieusement l’avenir de la filière eau douce du fait de la mise en sommeil de la moitié des sites de production en Guadeloupe et des deux tiers en Martinique.
    Afin de proposer des solutions aux aquaculteurs touchés par le problème, le SYPAGUA a travaillé à la mise en place d’un protocole expérimental validé par un comité scientifique composé de chercheurs de l’INRA, de l’UAG et du CART de Lièges. L’action projetée vise à une meilleure connaissance des modes de contamination et doit permettre :

  • de déboucher sur des propositions de solutions alternatives, permettant aux aquaculteurs de poursuivre leurs activités tout en garantissant au consommateur des produits en conformité avec les normes arrêtées,
  • éventuellement de conclure à une impossibilité de poursuite d’activité (il faudra dans ce cas envisager des mesures compensatoires).

    Il s’agirait d’assurer un suivi sur un site contaminé sur deux espèces : ouassous et tilapias, en liaison avec la qualité des sols et de l’eau, et de comparer cette contamination en fonction des modes d’élevage possibles : bac eau claire décantée, cage flottante, étangs ce afin de répondre aux questions suivantes :

  • influence de l’âge et de la taille des animaux,
  • différence de contamination selon les tissus,
  • relations taux de contamination & qualité d’eau, taux de contamination et contacts animaux/fond, animaux/plancton,
  • influence de la contamination sur la croissance, la survie, la variabilité,
  • influence de la pêche par remise en suspension du sédiment.

 Le préalable sera de bien connaître les niveaux de contamination réels sur la colonne d’eau : sol, sédiment, lame d’eau du fond, eau de surface, phytoplancton. Ces données font en effet aujourd’hui cruellement défaut.

Certains aménagements pourraient permettre de produire dans de bonnes conditions selon les sites concernés et les sources de contamination identifiées: modification des captages, isolation du contact avec le fond, changement d’espèces et ou de modalités d’élevage.
Le coût de cette action est estimé à 175.000 euros. Depuis juin 2010 ce programme est au point mort faute de capacité de préfinancement.

Malgré tout, un essai expérimental a pu être mis en oeuvre fin 2011 sur un site dont l'historique est connu. Il s'agissait d'évaluer la contamination potentielle de ouassous et de tilapias via la fraction de chlordecone dissoute dans l'eau. En effet les sols de ce site étaient sains mais des concentrations de l'ordre de 0.02 micro-gramme par litre ont été mesurées dans la rivière alimentant la ferme aquacole. L'expérimentation qui s'est déroulée sur 10 semaines visait à suivre la contamination de post-larves de ouassous et l'alevins de tilapias en contact ou non avec le fond d'étang (zone ou en principe on mesure les plus fortes concentrations de chlordecone). Deux lots de post-larves ont été stabulés dans deux cages différentes :

L'une en contact avec le fond,

L'autre en surface sans contact avec le fond.

Il a été fait de même avec deux lots d'alevins de tilapias.

Des prélèvement réguliers d'échantillons dans chacunes des cages ont permis de mesurer la concentration en chlordecone et de suivre la cinétique de contamination sur les individus jeunes au cours des 10 premières semaines après la mise à l'eau.

Cette expérimentation a permis de mettre en évidence les points suivants :

Par différences significatives entre lots élevés en contact ou non avec le fond

Contamination plus rapide et deux fois plus intense chez les ouassous que chez les tilapias

Contamination extrèmement rapide puisqu'en 4 semaines les limites maximum résiduelles autorisées sont dépassées (20 micro-grammes / kilo de matière fraiches.

On peut donc en conclure que la fraction dissoute du chlordecone, contrairement à nos suppositions est probablement le facteur majeur de contamination. Un site alimenté en eau même très légèrement contaminée semble impropre à l'aquaculture. Sur les sites dont le sol est garanti sain, deux nouvelles approches peuvent être envisagées :

Etudes des profils de contamination de rivières et détermination du point de captage en amont qui garantirait une eau non contaminée.

Technique de filtration.

La réhausse des captages nous parait aujourd'hui être l'approche la plus réaliste.

En parallèle un programme de recherche retenu dans le cadre d’un appel à projet ANR (programme Chlordexco), a pu être entamé avec l’UAG (Université des Antilles Guyane). Des manipulations de contamination en laboratoire, ainsi qu’un  suivi sur deux sites (l’un contaminé, l’autre non) devraient permettre de confirmer ces hypothèses et d’apporter un certain nombre de réponses aux questions posées.

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Sypagua, Syndicat des producteurs aquacoles de Guadeloupe