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lundi20 novembre 2017

Aquaculture en Guadeloupe

aquaculture en guadeloupe

La Guadeloupe consomme 14.000 à 15.000 tonnes de produits halieutiques (poissons + coquillages) par an soient 37 Kg/habitant/an  ce qui la place parmi les plus gros consommateurs de la planète.

La pêche guadeloupéenne reste essentiellement une activité artisanale qui ne peut satisfaire à elle seule la demande. Les stocks exploitables ne permettent pas, par ailleurs, de couvrir une demande spécifique sur certaines espèces (vivaneau et "poissons rouges" principalement). L’estimation de la pêche locale est de 9.000 tonnes. Elle couvre 60% de cette consommation.


En réalité, les dernières données récoltées par le SIH (Système d’Information Halieutique) montre que la pêche locale produit de 5000 à 8000 tonnes. Cette fourchette est liée aux résultats irréguliers de la pêche aux pélagiques. La consommation  locale serait de 16.000 tonnes. Le solde varierait donc entre 11.000 et 8000 tonnes, soient au moins 50% des besoins couverts par les importations. On pourrait donc estimer que le déficit de la balance commerciale des produits de la pêche dépasserait largement 40 millions d’Euros/an.

Cette situation de dépendance vis-à-vis de l’importation est commune à l’ensemble des DOM. En comparaison, rappelons que la Réunion importerait plus de 80% de sa consommation.

Les atouts de l'aquaculture aux Antilles

L'aquaculture aux Antilles devrait pouvoir se développer parallèlement à la pêche régionale et participer à la réduction du déficit  de la balance commerciale en produits de la mer.     
Cette aquaculture antillaise dispose d'atouts importants, de par les possibilités qu'elle offre pour:

  • garantir une régularité de la production,
  • gérer des stocks et planifier la production en fonction de la demande,
  • proposer des produits frais de différents calibres,
  • assurer un traitement des produits conforme aux normes sanitaires.

Par ailleurs, la croissance de la plupart des espèces aquatiques étant directement liée à la température du milieu, on observe des croissances plus fortes en milieu tropical qu'en milieu tempéré. Ainsi par exemple, un loup caraïbe (ombrine ocellée- poisson de la famille du maigre) élevé en Guadeloupe grandira deux fois plus vite aux Antilles qu'en Méditerranée.


Histoire de l'aquaculture en Guadeloupe


L'aquaculture guadeloupéenne a commencé à se développer avec l’introduction du Macrobrachium rosenbergii (ouassous ou chevrettes) et la création des premiers élevages sur Ste Rose, St Claude et Goyave. La Guadeloupe a ainsi emboité le pas de la Martinique qui en 1975, suite à un voyage d’élus du Conseil général à l’Ile Maurice emmené par Jean Bally (à qui il faut ici rendre hommage), décidait de lancer l’élevage. A partir de spécimen importés de l’île Maurice et avec l’appui d’un technicien américain en la personne de Roy Johnson, une écloserie en eau verte était construite à St Pierre.
    C’est à partir de cette écloserie que les premières post-larves furent importées en Guadeloupe. Rapidement, avec le développement de nouvelles fermes et l’augmentation des surfaces d’étangs (40 ha en eau en 1982), la nécessité de disposer d’une écloserie en Guadeloupe, capable de fournir les élevages en post-larves s’est fait jour. En 1983, les aquaculteurs se sont regroupés au sein de la SICA Guadeloupéenne d'Aquaculture avec pour objectif la création et la gestion d’une écloserie collective régionale.
    Les projections qui visaient la création d’une centaine d’ha d’étangs à la fin des années 80 n’ont pas été tenues. L’absence d’une phase de transfert / développement a débouché sur des prévisions qui ne tenaient pas compte d’une expérience validée par le terrain. Les rendements obtenus, très en deçà des prévisions, ont conduit à une sous-estimation des besoins en fonds de roulement et la fermeture des premières fermes dès 1984. On a alors assisté non pas à une augmentation mais à une diminution des surfaces de 1984 à 1989. On a ensuite assisté à une deuxième vague d’abandon qui peut être mise en relation avec le début des importations massives de chevrettes d’Asie du Sud Est à partir de 1994.
    En 1989, et pendant 4 ans, un premier essai d’élevage de tilapia rouge était mené à St Claude
    En 1999, la SICA, compte tenu de la diminution de la demande en post-larves était contrainte à l’abandon. Pour éviter une mise en liquidation certaine, les cadres de la SICA créaient la SA OCEAN avec un projet de reprise de l’écloserie basée sur la diversification des activités. Depuis le nombre d’éleveurs s’est stabilisé à 10 opérateurs et 20 ha ce qui reste modeste au regard des besoins du marché local.
    En 2001, un nouvel essai d’élevage de tilapia rouge était mené au parc aquacole.
    Fin 2002, démarraient les premiers essais de pisciculture marine au large de Pointe Noire.
    En décembre 2004, les aquaculteurs guadeloupéens se sont regroupés autour de la création du SYPAGUA (Syndicat des Producteurs Aquacoles de Guadeloupe) avec la volonté de relancer le développement de la filière aquacole.
    En 2008, l’abaissement de la LMR de 100 à 20 μg/Kg de chlordécone provoquait la mise en arrêt de 5 fermes…Depuis, le SYPAGUA tente de trouver des solutions de relance de ces fermes. En parallèle le passage du cyclone Omar en mer caraïbe a provoqué la perte totale du cheptel compte tenu de structures trop fragiles…
    Globalement l’histoire de l’aquaculture guadeloupéenne a connu beaucoup d’écueils mais le potentiel reste devant nous !
    

Situation actuelle de l'aquaculture en Guadeloupe  


    A ce jour, trois espèces sont élevées en Guadeloupe :

    Deux espèces d’eau douce : 

  • Le ouassous - macrobrachium rosenbergii , une espèce cousine du ouassous indigène macrobrachium carcinus.
  • Le rouget créole - Oreochromis niloticus - un tilapia rouge.


    Une espèce marine :

  • l'ombrine ocellée – sciaenops ocellatus (appelée commercialement loup caraïbe).

    Tous les élevages de Guadeloupe sont alimentés par l’écloserie de Pointe Noire
    On compte 9 sites de production aquacole en Guadeloupe, regroupés principalement autour de à Goyave, Sainte Rose, le Lamentin, St Claude et Pointe Noire.

Un lien fort unis l’ensemble des producteurs qui ont su maintenir et développer des systèmes de production respectueux de l’environnement et du consommateur, dont l’intensification est très limitée. Ceci se traduit par une absence de pollution décelable en sortie des élevages et la possibilité de travailler sans aucun médicament de l’œuf à l’assiette ! C’est là un argument fort vis-à-vis de la concurrence et de l’importation.

La production aquacole locale oscille depuis plusieurs années entre 12 et 20 tonnes/an, alors que le marché est très supérieur. Ainsi chaque année la Guadeloupe importe-t-elle 200 à 400 tonnes de ouassous de Thaïlande, Vietnam, Bengladesh…

L'aquaculture guadeloupéenne constitue donc une "petite filière" de diversification, encore embryonnaire, dont le potentiel demeure  largement sous exploité.

Les évènements sociaux de 2009 auront entre autre mis en exergue la nécessité de développer la production locale pour viser l’autonomie alimentaire.

Le potentiel de développement de l’aquaculture en étangs d’eau douce restera limité du fait des besoins en surface et des difficultés d’accès au foncier convoité par d’autres activités concurrentes. Des systèmes alternatifs pourraient se développer notamment l’aquaponie qui associe élevage de poissons en hors sol, et cultures maraichères, permettant du même coup de s’affranchir des risques en zone contaminées à la chlordécone.

Par contre le potentiel de développement de la pisciculture marine est pratiquement illimité dès lors que le risque cyclonique est maitris&.
Soulignons que l’action du Sypagua a permis de déboucher sur deux avancées majeures pour la filière en 2011 et 2012:
création d’une structure pilote de cages offshore immergeables adaptée aux conditions d’exploitation artisanales, ce qui permet de sécuriser le cheptel et les structures en cas de passage de cyclones, chantier de modernisation de l’écloserie pour l’adapter aux exigences de la production d’alevins, pour pouvoir fournir les producteurs.
    
Pour exister la filière doit se développer !